Une vulnérabilité critique touche actuellement 689 modèles d’imprimantes Brother, menaçant la sécurité des entreprises. L’équipe de recherche de Rapid7 a mis en lumière cette faille majeure qui permet à des attaquants d’exécuter du code malveillant à distance sur les appareils affectés.
La gravité de la situation tient à l’origine même du problème. Cette vulnérabilité découle directement d’un défaut de fabrication matériel, ce qui la rend particulièrement préoccupante. En effet, contrairement aux failles logicielles classiques, celle-ci ne peut pas être corrigée par une simple mise à jour du firmware.
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Les implications pour la sécurité des organisations sont sérieuses. Un attaquant pourrait exploiter cette faille pour s’introduire dans le réseau d’entreprise via l’imprimante compromise. Cette situation requiert une vigilance accrue et les entreprises doivent rapidement mettre en place des mesures d’atténuation pour protéger leur infrastructure.
Comprendre la faille : un problème né dès la fabrication
Quand on évoque les cyber-menaces, on pense généralement aux logiciels mal configurés ou aux mots de passe vulnérables. Cette vulnérabilité touchant près de 700 modèles d’imprimantes Brother se distingue par sa nature matérielle présente dès la fabrication. Ce n’est pas un simple bug corrigible par mise à jour. Le cœur du problème réside dans le mode de génération du mot de passe administrateur, directement lié au numéro de série de l’appareil et déterminé lors de sa production.
Concrètement, cela équivaut à donner les clés d’accès à quiconque peut deviner ou obtenir ce numéro de série. Il s’agit d’une faiblesse structurelle, pas d’une simple erreur de configuration, qui expose l’appareil et l’entreprise à des risques significatifs. Cette faille d’authentification permet de contourner le mot de passe et, associée à d’autres vulnérabilités récemment découvertes, offre à un attaquant la possibilité d’exécuter du code malveillant à distance sur l’imprimante.
Ce que cela signifie pour votre organisation : risques concrets et effets domino
Dans une TPE ou PME, l’imprimante occupe souvent une place discrète. On l’installe, on la connecte au réseau, puis on l’oublie. Pourtant, ces équipements sont de véritables ordinateurs embarqués capables de stocker, traiter et transmettre des documents sensibles. Cette vulnérabilité crée une brèche potentielle dans la sécurité numérique de votre entreprise.
Que risquez-vous concrètement? Un attaquant possédant le numéro de série peut accéder à l’interface d’administration sans obstacle:
- Il peut modifier la configuration réseau, changer les mots de passe ou détourner des documents en transit.
- En exploitant une autre faille (débordement de mémoire), il peut exécuter du code à distance, installer des logiciels malveillants ou se déplacer vers d’autres appareils du réseau.
- L’imprimante peut devenir un relais pour des attaques plus étendues ou permettre à un attaquant de maintenir discrètement sa présence dans votre environnement informatique.
Les appareils concernés incluent imprimantes multifonctions, scanners, étiqueteuses et même certains modèles de marques partenaires comme Fujifilm ou Ricoh.
Pour approfondir certains concepts techniques liés à la sécurité, consultez le lexique de la cybersécurité.
Pourquoi cette faille est différente : un cas d’école en cybersécurité
On évoque souvent la difficulté de protéger les “objets du quotidien” comme les routeurs, caméras ou imprimantes. Ici, l’enjeu est particulièrement critique car la faille ne peut être éliminée sans changer de matériel. Brother a d’ailleurs été transparent: aucune mise à jour de firmware ne pourra totalement corriger ce défaut ancré dans le processus de fabrication.
Cette situation illustre parfaitement la notion de “vulnérabilité matérielle”, où le remplacement de l’appareil constitue la seule solution définitive à moyen terme. En attendant, il faut déployer des mesures d’atténuation concrètes pour limiter les risques.
Pour ceux souhaitant aller plus loin dans la maîtrise de leur infrastructure informatique, il peut être pertinent de s’intéresser à la gestion du parc informatique.
Bonnes pratiques : comment réagir face à une vulnérabilité non corrigeable ?
Face à une telle annonce, il serait tentant de céder à la panique ou au fatalisme. Pourtant, des actions concrètes restent possibles, quelle que soit la taille de votre entreprise. Voici quelques recommandations adaptables à votre contexte:
- Changer immédiatement le mot de passe admin sur tous les appareils concernés, même si cela paraît fastidieux. Cette action bloque l’accès direct via la méthode basée sur le numéro de série.
- Désactiver les services inutiles (comme WSD ou TFTP) pour réduire la surface d’attaque potentielle.
- Surveiller le réseau: une imprimante présentant un comportement anormal (pics de trafic, connexions sortantes inhabituelles) doit alerter votre équipe IT ou prestataire.
- Limiter les accès à l’interface d’administration depuis l’extérieur du réseau d’entreprise, ou idéalement, la confiner dans un segment isolé du réseau.
- Évaluer la criticité de chaque appareil concerné et planifier son remplacement si nécessaire, surtout pour les modèles exposés à Internet ou traitant des données sensibles.
Pour les responsables IT de PME habitués à déléguer certaines tâches, c’est le moment idéal pour revoir la gestion de l’inventaire matériel, la surveillance des mises à jour et la sensibilisation des utilisateurs.
Retrouvez nos conseils pour former votre personnel à la cybersécurité et améliorer votre posture de défense.
Ce que cela nous apprend (et pourquoi il ne faut pas sous-estimer l’IT “invisible”)
Cette affaire met en lumière deux réalités souvent négligées, particulièrement dans les structures sans direction IT dédiée:
- La sécurité ne se limite pas à Microsoft 365 et aux serveurs. Les périphériques “annexes” comme les imprimantes ou copieurs constituent désormais des points d’entrée potentiels pour des attaques sophistiquées.
- L’anticipation paie toujours: mieux vaut auditer régulièrement son parc d’appareils, même les plus discrets, pour éviter de découvrir tardivement une brèche non détectée.
Comme le résume un expert interrogé: “Ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas qu’il n’y a pas de risque. La menace est silencieuse, mais bien réelle.”
Dans la pratique, l’équipe POWERiti accompagne ses clients sur ce versant “moins visible” de la sécurité, en priorisant la prévention, la surveillance et la formation adaptée aux usages réels des collaborateurs. L’objectif n’est pas de tout transformer immédiatement, mais de rendre chaque maillon – même le plus discret comme une imprimante réseau – aussi résilient que possible.
Les enjeux pour les TPE et PME : coûts cachés vs. tranquillité d’esprit
Pour une TPE sans responsable informatique, remplacer toutes les imprimantes simultanément semble peu réaliste. Cependant, cette faille révèle le coût caché de la négligence: une intrusion via un appareil sous-estimé peut s’avérer bien plus coûteuse qu’une mise à niveau planifiée.
La question essentielle n’est donc pas “suis-je concerné?”, mais “quel niveau de risque suis-je prêt à accepter, et comment puis-je le réduire progressivement?”. En matière de sécurité informatique, l’immobilisme représente rarement l’option la plus prudente.
Pensez également à la sauvegarde des données de l’entreprise pour limiter les impacts en cas d’attaque.
Perspectives pour l’avenir : le dialogue entre fabricants, clients et prestataires
L’affaire Brother démontre l’importance de la transparence et de la collaboration entre tous les acteurs: fabricants, chercheurs en sécurité, entreprises utilisatrices et prestataires IT. C’est par ce dialogue ouvert et la remontée rapide des failles identifiées que l’écosystème pourra renforcer sa résilience et mieux anticiper ce type de vulnérabilité structurelle.
Pour les organisations accompagnées, notamment les PME en co-management ou les TPE en infogérance, le rôle du partenaire IT consiste précisément à analyser ces alertes, prioriser les réponses et trouver un équilibre optimal entre sécurité, budget et continuité d’activité. Protéger, anticiper et expliquer constituent l’essence même du métier.
Pour conclure, cette vulnérabilité critique des imprimantes Brother met en lumière la nécessité d’une vigilance constante sur des équipements souvent négligés dans votre stratégie de sécurité. TPE comme PME, ne sous-estimez pas les risques que représentent ces appareils apparemment anodins. Vérifiez immédiatement vos imprimantes réseau et appliquez les mises à jour de sécurité dès qu’elles sont disponibles. La collaboration étroite avec votre équipe IT ou votre partenaire d’infogérance est essentielle pour identifier et corriger rapidement ces failles. N’oubliez pas que la cybersécurité est une responsabilité partagée, nécessitant une attention méticuleuse sur chaque élément de votre infrastructure numérique, même les plus discrets. 🌐💪
Sources :
- https://www.csoonline.com/article/4014095/some-brother-printers-have-a-remote-code-execution-vulnerability-and-they-cant-fix-it.html
- https://www.vaadata.com/blog/fr/vulnerabilite-rce-dans-un-nom-de-fichier/
- https://www.nowsecure.com/blog/2017/06/16/remote-code-execution-as-system-user-on-samsung-phones/
- https://next.ink/190359/pluie-de-vulnerabilites-sur-des-centaines-de-modeles-dimprimantes/
- https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-une-faille-critique-non-corrigeable-presente-dans-les-imprimantes-brother-97294.html
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