Arnaque au président : la prévenir et protéger votre PME efficacement
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Jantien Rault
CEO Fondateur POWER ITI
L’« arnaque au président » est une fraude d’ingénierie sociale qui vise les PME comme les grands groupes.
L’attaquant se fait passer pour un dirigeant, un avocat ou un partenaire clé et exige un virement urgent, confidentiel et “hors procédure”.
Ici, pas de virus ni de faille technique : c’est la confiance humaine qui est ciblée. Ce guide explique le mode opératoire, les signaux d’alerte, les mesures de prévention et les réflexes à adopter en cas d’incident.
Sommaire
Une escroquerie qui cible directement la confiance
L’arnaque au président est apparue avec la démocratisation de l’e-mail et des outils collaboratifs.
Elle a prospéré pour une raison simple : les entreprises communiquent vite, prennent des décisions financières en flux tendu et valorisent la réactivité. Les fraudeurs ont compris qu’en recréant un contexte crédible (déplacement du dirigeant, négociation confidentielle, urgence stratégique), ils peuvent court-circuiter la vigilance des équipes.
Dans une PME, où les circuits de validation sont plus courts et les rôles souvent cumulés, la pression de l’urgence peut faire sauter une étape
de contrôle. Résultat : un virement “exceptionnel” part à l’étranger et les fonds s’évaporent.
Cette attaque ne nécessite pas d’exploiter une faille logicielle. Elle manipule la psychologie :
respect de la hiérarchie, peur de retarder un dossier sensible, volonté d’être utile, voire flatterie (“je compte sur toi, tu es la seule personne de confiance”). C’est précisément cette dimension humaine qui la rend redoutable et explique pourquoi toutes les tailles d’entreprises sont concernées.
L’« arnaque au président » est une fraude d’ingénierie sociale qui vise les PME comme les grands groupes. Elle illustre parfaitement à quel point la cybersécurité des PME est devenue un enjeu stratégique, où la vigilance humaine compte autant que la protection technique.
Comment les escrocs s’y prennent
Le scénario commence presque toujours par une phase de renseignement (OSINT – open source intelligence).
Les escrocs recensent les informations publiques : organigramme sur le site, profils LinkedIn, communiqués, articles de presse, photos d’événements, signatures d’e-mails visibles dans des captures d’écran, voire détails glanés sur les réseaux sociaux personnels. L’objectif : comprendre qui décide, qui exécute, quels sont les fournisseurs bancaires, dans quel langage interne l’entreprise s’exprime.
Vient ensuite l’usurpation d’identité. Elle peut prendre plusieurs formes :
l’adresse ressemble à s’y méprendre à celle du dirigeant (substitution d’une lettre, domaine cousin), l’expéditeur passe par une messagerie “jetable” qui affiche un nom trompeur, ou l’attaquant répond dans un fil existant après avoir compromis la boîte d’un partenaire (Business Email Compromise). Le message adopte un ton autoritaire mais crédible, joue la carte de la confidentialité et introduit une contrainte temporelle (“le virement doit partir avant midi”).
Les variantes sont nombreuses : le “faux avocat” qui réclame une avance pour conclure un rachat, le “fournisseur” qui signale un changement IBAN, la “banque” qui demande une validation technique immédiate, ou encore l’appel téléphonique qui renforce la mise en scène (parfois avec imitation de voix).
Dans certains cas, les fraudeurs segmentent l’attaque : un premier contact teste la réactivité et la joignabilité, un second pousse l’ordre de virement, un troisième fournit un RIB “temporaire”.
💡 Le saviez-vous ?
Dans la majorité des dossiers que nous analysons, l’entreprise disposait déjà d’outils de sécurité performants (antivirus, filtrage du spam, MFA sur certains comptes). Ce qui a manqué, c’est une procédure de validation robuste et une culture de vérification :
un simple rappel téléphonique hors e-mail aurait suffi à bloquer l’attaque.
Moralité : la lutte contre l’arnaque au président est avant tout organisationnelle.
La technologie sert à réduire la surface d’attaque (anti-usurpation, détection d’anomalies) mais ce sont les habitudes de travail qui font la différence.
⚠️ Les signaux d’alerte à ne jamais ignorer
- Urgence + secret : “strictement confidentiel”, “à traiter avant midi”, “ne préviens personne”.
- Hors procédure : nouvelle méthode de paiement, IBAN différent, canal inhabituel.
- Langage décalé : tournures trop formelles, fautes ou expressions non utilisées par le dirigeant.
- Adresse douteuse : domaine très proche du vôtre, ou nom affiché correct mais e-mail tiers.
- Pression psychologique : flatterie, menace implicite, référence à un “enjeu stratégique”.
Comment éviter l’arnaque au président
1) Blinder la procédure financière
Instituez une double validation systématique pour tout virement exceptionnel, changement d’IBAN ou paiement hors UE. Définissez des seuils chiffrés, des rôles clairs (initiateur / valideur), et un canal de confirmation hors e-mail (appel direct, Teams, SMS à un numéro interne connu). Documentez la procédure, formez les équipes, et refusez toute “dérogation” invoquée par e-mail, même signée.
2) Réduire la surface d’usurpation
Protégez la messagerie : SPF, DKIM, DMARC correctement configurés, quarantaines visibles par l’IT, alertes en cas d’affichage d’un nom + e-mail discordants, bannissement de domaines “cousins”. Activez la MFA sur les comptes sensibles (direction, comptabilité) et limitez les droits d’application (principe du moindre privilège).
3) Désarmer l’effet de surprise
Mettez en place des campagnes de sensibilisation régulières, courtes et concrètes :
simulations d’arnaque au président, quizz de 3 minutes, rappels visuels dans l’ERP ou la solution de ticketing. Le but : automatiser un réflexe – “je vérifie hors e-mail avant de payer”.
Chez Poweriti, ces modules sont intégrés dans MySerenity pour devenir un rituel d’équipe plutôt qu’une formation ponctuelle.
4) Nettoyer l’empreinte publique
Réduisez les informations exploitables : évitez de publier l’organigramme complet, retirez les signatures d’e-mails en clair des pages web, limitez les détails sur les déplacements de la direction, et sensibilisez chacun à la “sobriété d’exposition” sur les réseaux sociaux (pas de badges visiteurs,
pas de photos d’écrans, pas d’IBAN en clair).
5) Tester, mesurer, améliorer
Auditez chaque trimestre : combien de demandes de paiement “exceptionnelles” ont été reçues ?
Combien ont nécessité une vérification hors e-mail ? Combien d’adresses suspectes ont été bloquées ?
Transformez ces réponses en indicateurs : taux de conformité à la procédure, temps moyen de validation, nombre d’alertes internes. Ce pilotage simple évite le retour au “on fait comme d’habitude”.
🧩 Checklist de préparation (à afficher en compta / direction)
- Procédure écrite : double validation, seuils, canaux autorisés, numéros vérifiés.
- Contrôles techniques : SPF/DKIM/DMARC, MFA, filtrage des domaines cousins.
- Réflexe humain : “je confirme par téléphone interne avant tout virement exceptionnel”.
- Journalisation : tracer qui initie, qui valide, quand et via quel canal.
- Fiche réflexe incident : banque / plainte / preuves / notification interne.
Astuce Poweriti : intégrez cette checklist dans votre intranet ou Sharepoint.
Que faire si vous êtes victime ?
La chronologie compte. Plus la réaction est rapide, plus la récupération de fonds est plausible.
Conservez votre calme, suivez les étapes et centralisez les échanges.
- Banque immédiatement : déclencher le rappel de fonds (SWIFT recall), ouvrir un dossier fraude, bloquer les flux sortants liés.
- Plainte : déposer plainte (gendarmerie / police) avec tous les éléments (e-mails complets avec en-têtes, journaux, RIB, horodatages).
- Signalement : déclarer l’incident sur cybermalveillance.gouv.fr et suivre les conseils opérationnels.
- IT : vérifier les compromissions potentielles, réinitialiser les accès, renforcer les règles d’anti-usurpation, bloquer les domaines utilisés.
- Interne : informer la direction et la comptabilité, rappeler la procédure, déculpabiliser la personne piégée pour favoriser l’alerte rapide.
Après l’urgence vient le post-mortem : analyser les facteurs (techniques et humains), corriger la procédure, faire un retour d’expérience en équipe et planifier une sensibilisation ciblée.
C’est la meilleure façon de transformer l’incident en progrès durable.
Cas réel : 18 000 € perdus en 15 minutes
Un vendredi matin, une assistante comptable reçoit un e-mail du “président” depuis [email protected] (un “l” à la place du “i”). Le message évoque une acquisition confidentielle et exige un acompte avant midi. L’adresse visuelle semble correcte, la signature est copiée, le ton est familier. Sous pression, l’assistante effectue le virement. Quand le vrai dirigeant découvre le message, il est trop tard : le compte étranger a été vidé,
puis fermé. L’enquête montrera que l’attaquant a reconstitué l’organigramme via LinkedIn et copié un ancien modèle de signature trouvé en ligne. Aucune faille technique : uniquement une orchestration psychologique.
Focus Poweriti : transformer la menace en apprentissage
Lorsqu’une entreprise est confrontée à une tentative d’arnaque au président, l’enjeu dépasse la perte financière. Il s’agit de rétablir la confiance, d’identifier les failles organisationnelles et d’outiller les collaborateurs pour qu’ils ne se fassent plus surprendre. C’est précisément là que Poweriti intervient.
Nos experts accompagnent les PME avant, pendant et après un incident :
audit de la messagerie, sécurisation des accès, révision des procédures internes, et sensibilisation de chaque service. Nous analysons la chaîne d’événements pour comprendre où la vigilance s’est brisée, et comment la renforcer durablement.
Grâce à la plateforme MySerenity, chaque client bénéficie d’un écosystème complet : supervision 24/7, alertes en temps réel, assistance prioritaire et programmes de formation continue.
Objectif : transformer chaque tentative d’escroquerie en expérience d’apprentissage et faire de la cybersécurité un réflexe collectif.
Conclusion : une défense simple, mais non négociable
L’arnaque au président prospère sur l’urgence, l’isolement et la confusion. Votre parade tient en trois mots : procédure, vérification, culture. Une procédure financière claire et appliquée, une vérification hors e-mail systématique pour tout paiement sensible, et une culture
d’entreprise qui valorise le doute constructif. Les outils complètent la démarche en filtrant les usurpations et en réduisant les risques, mais c’est la discipline collective qui fait la différence.
Renforcez la sécurité & la vigilance dans votre PME
Avec MySerenity, Poweriti simplifie la cybersécurité : protection des boîtes mail, détection des fraudes, supervision continue et sensibilisation des utilisateurs. Nous vous aidons à formaliser vos procédures et à entraîner vos équipes, sans alourdir le quotidien.
Pour aller plus loin
🔹 L’IT, c’est mon métier : infogérance, cybersécurité et optimisation des systèmes.
🔹 Les PME, c’est mon terrain de jeu : des solutions sur-mesure, adaptées aux vrais besoins des entreprises.
🔹 Ma vision : simplifier l’informatique pour qu’elle devienne un atout, pas un casse-tête.