Dépannage à distance : pourquoi vous restez aveugle

Antoine Stamati

Directeur Général POWERI ITI

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Dépannage à distance : pourquoi vous restez aveugle

Dans notre précédent dossier sur la maintenance informatique vs l’infogérance MSP, nous avons vu que le modèle économique a changé. Mais qu’en est-il de la technique ?

Beaucoup de dirigeants de PME pensent être en sécurité parce que leur prestataire informatique dispose d’un outil de prise en main à distance (TeamViewer, AnyDesk ou équivalent) et peut “intervenir rapidement”. Cette croyance est dangereuse.

En 2026, voir l’écran d’un utilisateur ne signifie pas surveiller la santé du système. Pire encore : ces outils de dépannage classique, mal gérés, sont devenus la porte d’entrée favorite des cybercriminels.

Le problème de fond :

La télémaintenance classique fonctionne comme un “trou de serrure”. Le technicien ne voit que ce qui s’affiche à l’instant T. Pour sécuriser une PME moderne face aux menaces invisibles, vous avez besoin d’une “tour de contrôle” permanente : la supervision informatique RMM (Remote Monitoring & Management).

1. Le mythe du “Je te vois, donc je te gère”

La prise en main à distance (via TeamViewer, AnyDesk, LogMeIn ou Splashtop) excelle pour une chose précise : l’assistance utilisateur ponctuelle. Montrer à un collaborateur comment configurer sa signature Outlook ou débloquer une impression fonctionne parfaitement en partage d’écran.

Mais ne confondez pas Assistance et Maintenance informatique.

Votre prestataire se connecte pour régler un problème précis. Il agit comme un médecin qui ne vous ausculte que lorsque vous avez mal. Une fois la session fermée, vous êtes de nouveau seul.

  • Le disque dur sature 10 minutes après la déconnexion ? Personne ne le saura.
  • L’antivirus plante silencieusement pendant la nuit ? Aucune alerte ne sera générée.
  • Une sauvegarde échoue le week-end ? Vous ne le découvrirez que le lundi matin, souvent trop tard.

La télémaintenance est un outil de réaction. La cybersécurité moderne exige des outils d’anticipation.

2. L’aveuglement technique : ce que la prise en main ne voit pas

La télémaintenance classique se limite à l’interface graphique (GUI). Elle voit ce que l’humain voit. Or, 90% des problèmes informatiques graves restent invisibles à l’œil nu avant qu’il ne soit trop tard.

Le comparatif de visibilité

Ce que voit la Télémaintenance Ce que voit la Supervision RMM
  • Un message d’erreur à l’écran
  • La souris qui bouge
  • Un logiciel qui ne s’ouvre pas
  • La lenteur ressentie par l’utilisateur

“Je ne vois rien d’anormal sur votre écran.”

  • La température critique du processeur
  • Les secteurs défectueux du disque dur (S.M.A.R.T)
  • L’antivirus désactivé en tâche de fond
  • Les tentatives de connexion échouées (Brute Force)
  • L’état réel des correctifs de sécurité manquants

“J’ai reçu une alerte critique avant que vous n’appeliez.”

Se contenter de la prise en main revient à piloter une voiture en regardant uniquement par la fenêtre. Sans tableau de bord. Vous ne voyez ni le niveau d’huile, ni la température moteur, ni la vitesse réelle.

3. L’outil de dépannage devenu porte dérobée pour les hackers

C’est le point le plus critique en 2026. Les logiciels de prise en main, souvent laissés ouverts en permanence (“Unattended access”) pour faciliter la vie du technicien, sont devenus des cibles prioritaires pour les cybercriminels.

Le risque de la “Backdoor” oubliée

Pour éviter de demander un code à chaque fois, de nombreux prestataires configurent un accès permanent avec un mot de passe fixe. C’est une faille de sécurité majeure.

Si l’ordinateur de votre prestataire est compromis ou si ce mot de passe est volé (via du phishing ou une fuite de données), le hacker hérite instantanément d’un accès “royal” à toutes vos machines. Il entre par la grande porte, légitimement, sans déclencher d’alerte antivirale.

Pourquoi les outils MSP (comme ceux de Poweriti) sont plus sûrs :

  • Chiffrement et MFA : Nos outils de supervision RMM exigent une authentification multi-facteurs forte pour chaque technicien. Même avec un mot de passe volé, un pirate ne peut pas entrer.
  • Pas de mot de passe partagé : L’agent de supervision communique de manière chiffrée avec notre serveur central. Il n’y a pas de “mot de passe TeamViewer” écrit sur un post-it ou enregistré dans un navigateur.
  • Contrôle des horaires : Nous pouvons restreindre les prises en main à vos horaires d’ouverture, rendant toute intrusion nocturne impossible.

4. Le problème de la conformité (RGPD et NIS 2)

Au-delà de la technique, il y a la loi. Avec le durcissement du RGPD et l’arrivée de la directive NIS 2, les entreprises ont une obligation de traçabilité des accès.

Dans un modèle de télémaintenance classique “à l’ancienne”, qui s’est connecté à votre serveur samedi dernier à 23h ? Était-ce Michel, le technicien habituel ? Un stagiaire ? Ou un attaquant qui a usurpé leurs identifiants ?

Souvent, les outils grand public utilisent des comptes génériques ou partagés. Les logs (journaux de connexion) sont pauvres ou inexistants.

L’exigence d’imputabilité :

Pour être conforme, vous devez pouvoir dire “Qui a fait quoi, quand et pourquoi”.

Les outils de gestion de parc informatique MSP enregistrent chaque action avec précision : “L’administrateur J.Dupont s’est connecté le 12/12 à 14h02 et a exécuté le script de nettoyage disque”. Cette piste d’audit est indispensable en cas de contrôle ou d’incident de sécurité.

5. Expérience utilisateur : subir l’intervention vs ne rien sentir

La prise en main impose une contrainte majeure à vos équipes : l’interruption de travail.

Le scénario classique frustre tout le monde :

  1. L’utilisateur constate un problème (imprimante bloquée, lenteur)
  2. Il doit appeler le support et attendre qu’un technicien soit libre
  3. Il doit lancer le logiciel de prise en main et dicter un code
  4. Il doit lâcher sa souris et regarder le curseur bouger tout seul pendant 20 minutes. Il ne peut plus travailler.

C’est une perte de productivité sèche pour l’entreprise.

L’approche moderne : La Maintenance en Arrière-Plan (Background Maintenance)

Avec une supervision informatique pilotée par RMM, nous intervenons “sous le capot”.

Nous pouvons nettoyer un disque saturé, relancer un service d’impression bloqué, ou déployer un correctif de sécurité via des scripts, sans que l’utilisateur n’ait besoin de s’arrêter de travailler.

Vous ne nous voyez pas. Nous ne prenons pas la souris. Mais le problème est résolu.

6. La vraie solution : le pilotage par supervision RMM

Pour passer du mode “Réactif” au mode “Proactif”, l’outil indispensable n’est pas la prise en main, mais le RMM (Remote Monitoring & Management).

Il ne s’agit pas d’une caméra qui vous espionne. C’est une sonde logicielle légère (Agent) installée sur chaque poste et serveur. Elle remonte des milliers d’informations de santé (télémétrie) par jour à notre centre de contrôle sécurisé.

Les 3 super-pouvoirs du RMM pour une PME :

  • 1. Surveillance continue 24/7 : Le RMM détecte les anomalies en temps réel (saturation disque, pannes de service, tentatives d’intrusion) et génère des alertes automatiques avant que vos utilisateurs ne s’en aperçoivent.
  • 2. Automatisation industrielle : Il applique les mises à jour critiques (Windows, mais aussi Adobe, Chrome, Zoom…) dès leur sortie, bouchant les failles de sécurité sans intervention humaine.
  • 3. Autoguérison (Self-healing) : Si un service critique (ex: la sauvegarde) s’arrête, l’agent peut tenter de le redémarrer automatiquement avant même de générer un ticket.

Inventaire dynamique et planification

Vous savez exactement quel matériel vous avez, son âge, sa garantie et son usage. Cela permet de planifier sereinement votre renouvellement de parc informatique.

7. Questions fréquentes (FAQ)

Quelle est la différence entre télémaintenance et supervision RMM ?

La télémaintenance (TeamViewer, AnyDesk) permet de prendre le contrôle d’un poste uniquement quand l’utilisateur appelle et autorise la connexion. C’est un outil réactif pour du dépannage ponctuel.

La supervision RMM fonctionne 24/7 en arrière-plan. Elle surveille en permanence la santé de tous vos équipements, applique automatiquement les correctifs de sécurité et détecte les anomalies avant qu’elles ne deviennent des pannes. C’est un outil proactif pour la maintenance préventive.

TeamViewer ou AnyDesk sont-ils dangereux pour mon entreprise ?

Ces outils ne sont pas dangereux en eux-mêmes, mais ils deviennent des failles de sécurité majeures quand :

  • Ils sont configurés avec un accès permanent (unattended access) sans MFA
  • Le mot de passe est faible ou partagé entre plusieurs techniciens
  • Aucun journal d’audit n’enregistre qui s’est connecté et quand
  • Ils restent actifs en dehors des heures de bureau

Les hackers exploitent massivement ces configurations laxistes pour entrer dans les réseaux d’entreprise. C’est pourquoi les MSP modernes utilisent des outils dédiés avec chiffrement renforcé et authentification multi-facteurs obligatoire.

Comment sécuriser mes accès distants dès aujourd’hui ?

Trois actions immédiates :

  1. Activer l’authentification multi-facteurs (MFA) sur tous les outils d’accès distant
  2. Désactiver les accès permanents non supervisés et exiger une autorisation manuelle à chaque connexion
  3. Demander à votre prestataire un audit de tous les comptes d’administration pour identifier les accès obsolètes ou non traçables

Pour aller plus loin, consultez notre guide sur la sécurisation d’un parc informatique en 90 jours.

Le RMM remplace-t-il complètement la télémaintenance ?

Non, les deux sont complémentaires. Le RMM gère la surveillance continue, les mises à jour automatiques et la détection d’anomalies. La télémaintenance reste utile pour l’assistance utilisateur (formation, démonstration, dépannage d’un logiciel métier spécifique).

La différence : avec le RMM, vous n’avez presque plus besoin d’appeler pour de la maintenance technique, car les problèmes sont détectés et résolus avant de vous affecter.

Combien coûte une solution de supervision RMM pour une PME ?

Le coût varie selon le nombre de postes, serveurs et le niveau de service souhaité. Pour une PME de 10 à 50 postes, comptez entre 15 € et 40 € HT par poste et par mois dans le cadre d’une infogérance MSP complète (supervision + sauvegarde + support + cybersécurité).

C’est souvent moins cher qu’un technicien interne à temps partiel, avec une couverture 24/7 impossible à obtenir autrement.

Conclusion

La prise en main à distance ne doit pas disparaître. Mais elle doit retrouver sa juste place : celle d’un outil ponctuel d’aide à la personne, et non d’une stratégie de maintenance globale.

Confier la sécurité et la pérennité de votre entreprise à un simple outil d’accès distant, c’est comme sécuriser vos locaux en laissant la clé sous le paillasson “au cas où”. C’est pratique. Mais c’est un risque que vous ne pouvez plus prendre en 2026.

Les menaces évoluent. Les attaques par ingénierie sociale, les ransomwares et les failles zero-day se multiplient. Votre infrastructure IT doit être surveillée en permanence, pas seulement quand quelqu’un appelle parce que “ça ne marche plus”.

Passez du dépannage au pilotage

Poweriti remplace la maintenance aveugle par une supervision active 24/7 qui sécurise vos données et libère vos utilisateurs.

Ressources et documentation officielle

Pour approfondir les risques liés aux accès distants et connaître les recommandations de l’État :

Articles complémentaires Poweriti :

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À propos de l'auteur
Antoine Stamati
Après plus de 20 ans à diriger des structures IT, il s’est associé à Jantien Rault pour créer POWER iti avec une idée simple : remettre de la clarté, de la sécurité et du bon sens dans l’informatique des PME.

🔹 Objectif : que l’informatique redevienne un soutien, pas une source de stress
🔹 Vision : parler simplement de cybersécurité, innover sans jargon, accompagner sans contraindre
🔹 Engagement : des services sans engagement, choisis chaque mois pour leur valeur

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