Cyberattaque au Ministère de l’Intérieur : ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas, et pourquoi c’est sérieux
- Mis en ligne le

Jantien Rault
CEO Fondateur POWER ITI
Dans la nuit du 11 au 12 décembre 2025, les serveurs de messagerie du Ministère de l’Intérieur ont été la cible d’une cyberattaque. Le ministre Laurent Nuñez a confirmé qu’un attaquant avait pu accéder à « un certain nombre de fichiers », tout en indiquant qu’il n’y avait, à ce stade, pas de preuve de compromission grave et qu’une enquête était en cours.
Sommaire
Les faits confirmés
- L’attaque a visé les serveurs e-mail du ministère, détectée entre le 11 et le 12 décembre.
- Un attaquant a pu accéder à certains fichiers.
- À ce stade, les autorités indiquent qu’il n’y a pas d’élément prouvant une compromission “grave” ou une fuite massive confirmée publiquement.
- Des mesures de protection ont été mises en place, incluant un durcissement des conditions d’accès au système d’information.
- Une enquête est en cours, et l’origine de l’attaque n’était pas connue au moment des déclarations.
Ce qui reste incertain
Dans ce type d’incident, il y a toujours une période “zone grise” : la phase où l’on sait qu’il y a eu intrusion, mais où l’on ne peut pas encore affirmer, publiquement, quoi a été consulté, extrait ou modifié. Le ministre a d’ailleurs indiqué ne pas être en mesure de dire si des fichiers avaient été dérobés au moment de son intervention.
Pourquoi cette zone grise existe ?
Parce que confirmer une exfiltration (un “vol de données”) demande de recouper des journaux, vérifier des traces réseau, et parfois reconstruire la chronologie. Ce n’est pas une phrase qu’on sort à chaud sans preuve.
En parallèle, des revendications et discussions circulent sur des forums clandestins. Elles peuvent être vraies, partiellement vraies, ou instrumentalisées. Une règle d’or : la revendication n’est pas la preuve. (On observe, on recoupe, on confirme.)
Pourquoi c’est sérieux même sans “fuite massive” confirmée
Quand une attaque touche une messagerie, l’enjeu n’est pas seulement “des e-mails”. Une messagerie, c’est souvent :
- des échanges opérationnels,
- des pièces jointes sensibles,
- des identifiants ou liens d’accès transmis,
- et parfois des éléments permettant de préparer des attaques ciblées (phishing crédible, usurpation, rebond).
Autrement dit : même si la communication officielle parle d’absence de compromission grave confirmée, l’événement reste sérieux car il concerne un point névralgique du système d’information.
Les mesures annoncées et ce qu’elles signifient
Les autorités indiquent avoir renforcé les conditions d’accès et mis en place des procédures de protection.
Traduction “terrain” : on parle généralement de mesures comme le durcissement des accès distants, la généralisation ou le renforcement du MFA, la rotation de mots de passe, la restriction d’accès à certaines ressources, et des actions de confinement pour éviter qu’un incident localisé ne devienne un incident global.
LeMagIT rapporte également que le ministère a communiqué sur l’analyse de l’origine et de l’ampleur exacte, et sur la mise en œuvre de mesures pour circonscrire la menace (actions sur l’infrastructure réseau, élévation des règles et pratiques de sécurité).
Ce que les PME doivent retenir (sans se raconter d’histoires)
“Oui, mais nous on n’est pas un ministère.” C’est vrai. Et pourtant, l’attaque rappelle trois réalités très PME :
1) L’e-mail reste un point d’entrée (et un amplificateur)
Quand une messagerie est visée, on ne parle pas uniquement d’accès à une boîte. On parle de capacité à usurper, à rebondir, à comprendre l’organisation, et à déclencher des attaques plus ciblées.
2) L’incident, c’est souvent “accès à des fichiers” avant “grosse panne”
Beaucoup d’attaques commencent par une intrusion discrète. Le but peut être l’espionnage, la préparation d’un ransomware, ou le vol de données. Le fait que l’incident soit détecté et contenu tôt change tout.
3) Le bon réflexe, c’est d’avoir une routine prête
Ce qui protège, ce n’est pas “le jour où on a peur”. C’est le jour où on sait exactement quoi vérifier et quoi durcir.
Ce type d’attaque rappelle une chose essentielle : la cybersécurité ne se résume pas à réagir quand une actualité tombe. Elle repose surtout sur des bases solides et des réflexes clairs.
C’est pour cette raison que nous insistons régulièrement sur trois piliers fondamentaux : la compréhension des risques, la capacité à réagir vite en cas d’incident, et l’organisation de l’informatique au quotidien.
- Comprendre les principaux risques cyber auxquels sont exposées les entreprises, pour savoir où concentrer ses efforts.
- Disposer d’une procédure claire en cas de compte utilisateur compromis, afin d’éviter l’improvisation dans les moments critiques.
- S’appuyer sur une infogérance structurée, pour ne pas gérer la sécurité uniquement “quand il y a un problème”.
Besoin de vérifier votre messagerie et vos accès “comme un pro” ?
Si ce type d’actualité vous fait lever un sourcil (ou deux), c’est normal. On peut faire un point simple : MFA, accès admin, règles, journaux, et scénarios de phishing. Objectif : vous donner une vision claire et un plan d’action réaliste.
Bibliographie (sources)
- Reuters – Déclaration du ministre : attaque sur serveurs e-mail, accès à des fichiers, enquête en cours (12 déc. 2025) :
https://www.reuters.com/technology/french-interior-ministrys-e-mail-servers-hit-by-cyber-attack-minister-says-2025-12-12/
- RTL – Interview de Laurent Nuñez : confirmation de l’attaque et éléments connus au moment de la déclaration (12 déc. 2025) :
https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/un-assaillant-a-pu-penetrer-sur-un-certain-nombre-de-fichiers-sur-rtl-laurent-nu-ez-confirme-une-attaque-informatique-au-ministere-de-l-interieur-7900577003
- LeMagIT – Confirmation institutionnelle, mesures de circonscription et durcissement des pratiques (12 déc. 2025) :
https://www.lemagit.fr/actualites/366636359/Ministere-de-lInterieur-intrusion-sur-les-systemes-de-messagerie
🔹 L’IT, c’est mon métier : infogérance, cybersécurité et optimisation des systèmes.
🔹 Les PME, c’est mon terrain de jeu : des solutions sur-mesure, adaptées aux vrais besoins des entreprises.
🔹 Ma vision : simplifier l’informatique pour qu’elle devienne un atout, pas un casse-tête.