Version courte pour dirigeant pressé :
- CVE-2025-62215 : Zero-Day noyau Windows, élévation de privilèges locale, déjà exploité dans des attaques réelles. À corriger sous 72 heures.
- CVE-2025-60724 : vulnérabilité GDI+ notée 9,8/10, exploitable à distance sans authentification. Priorité maximale.
- Update Health Tools : problème architectural pouvant mener à l’exécution de code à distance. Vérifier version et configuration.
- Si personne ne pilote activement vos mises à jour de sécurité, c’est le bon moment pour poser la question : “Qui s’en occupe, concrètement ?”
Sommaire
- 1. Ce qui change avec le Patch Tuesday de novembre 2025
- 2. CVE-2025-62215 : le Zero-Day qui finalise les attaques
- 3. CVE-2025-60724 : la faille GDI+ qui inquiète les experts
- 4. Update Health Tools : quand l’outil de confiance devient une menace
- 5. Priorités de remédiation pour les PME
- 6. Les bonnes questions à poser à votre équipe IT
- 7. Questions fréquentes sur le Patch Tuesday de novembre 2025
- 8. Sources et ressources techniques
1. Ce qui change avec le Patch Tuesday de novembre 2025
Sur les 63 vulnérabilités corrigées en novembre, près de la moitié concernent l’élévation de privilèges. Ces failles fonctionnent comme des accélérateurs d’attaque : une fois qu’un cybercriminel a obtenu un premier accès au système, ces vulnérabilités lui permettent de passer en privilèges SYSTEM et de prendre le contrôle total de la machine.
Le point de départ est souvent trivial : un clic sur un lien suspect, une pièce jointe ouverte trop rapidement. Les techniques d’ingénierie sociale permettent aux attaquants de contourner les barrières techniques en manipulant directement les utilisateurs. Une fois le premier pied posé dans le système, les failles d’élévation de privilèges transforment une intrusion mineure en catastrophe majeure.
Pourquoi ce Patch Tuesday mérite une alerte dédiée :
- Un Zero-Day exploité dans la nature, déjà intégré au catalogue KEV de la CISA ;
- Une vulnérabilité GDI+ notée 9,8/10 touchant Windows, Office et des services côté serveur ;
- Une faille dans les Outils de Santé de Mise à Jour qui interroge la chaîne de confiance autour de Windows Update.
Pour une PME sans équipe sécurité dédiée, cela se traduit simplement : ignorer ce cycle de mises à jour revient à laisser les clés de l’entreprise sur la porte avec un post-it “servez-vous”. Les attaquants ne cherchent pas la complexité, ils cherchent l’opportunité. Une infrastructure non patchée en est une, immense.
2. CVE-2025-62215 : le Zero-Day qui finalise les attaques
La vulnérabilité CVE-2025-62215 affecte le noyau Windows. Elle permet à un attaquant déjà présent sur un poste, même avec de faibles privilèges, d’obtenir les droits SYSTEM. C’est une faille dite d’élévation de privilèges, exploitant une race condition dans le noyau.
Concrètement, comment une PME se fait piéger ?
- Étape 1 : un collaborateur clique sur un lien suspect ou ouvre une pièce jointe malveillante. Les campagnes de phishing ciblent particulièrement les PME qui n’ont pas toujours les moyens de déployer des formations régulières.
- Étape 2 : le malware obtient un accès utilisateur standard. Rien de spectaculaire, pas d’alerte visible.
- Étape 3 : l’attaquant exploite CVE-2025-62215 pour passer en SYSTEM, le plus haut niveau de privilèges.
- Étape 4 : il désactive les protections, installe un ransomware, crée des comptes cachés, prépare l’attaque finale.
Microsoft classe officiellement cette faille comme “Importante”, mais son exploitation active et son ajout au catalogue des vulnérabilités connues de la CISA en font une priorité absolue pour toutes les organisations. Les attaquants ne perdent pas de temps : quand une faille Zero-Day est documentée, la course contre la montre commence.
Actions concrètes pour les PME :
- Vérifier que tous les postes Windows 10, Windows 11 et serveurs Windows Server 2019 à 2025 reçoivent le correctif ;
- Planifier le déploiement complet sous 72 heures sur les postes sensibles (direction, finance, RH, postes avec droits administrateurs) ;
- Contrôler que les postes nomades se connectent régulièrement au VPN pour recevoir les mises à jour. Dans notre guide sur les risques des WiFi publics pour les données professionnelles, nous expliquons pourquoi les collaborateurs en mobilité représentent souvent un maillon faible ;
- Vérifier la gestion des comptes à privilèges. Notre article sur la gestion des identités et des accès dans les PME détaille comment limiter l’impact d’une compromission initiale.
3. CVE-2025-60724 : la faille GDI+ qui inquiète les experts
La seconde vulnérabilité majeure de ce Patch Tuesday, c’est CVE-2025-60724, une faille critique dans GDI+, le composant graphique utilisé par Windows, Microsoft Office et plusieurs services côté serveur. Elle permet une exécution de code à distance via un débordement de tampon dans le tas (heap-based buffer overflow).
Pourquoi cette vulnérabilité inquiète autant les spécialistes :
- Vecteur réseau, sans authentification requise : pas besoin de compte valide sur la machine ciblée ;
- Aucune interaction utilisateur dans certains scénarios : un service qui traite une image ou un document peut être compromis en arrière-plan ;
- Surface d’attaque très étendue : Windows, Office, services de traitement d’images, systèmes de messagerie, outils collaboratifs.
Concrètement, un service exposé qui manipule un fichier malveillant peut exécuter du code arbitraire sans qu’aucun utilisateur ne clique nulle part. C’est le type de faille qui peut devenir “wormable” si un exploit fiable circule publiquement, permettant une propagation automatique entre machines.
Microsoft indique une exploitation “moins probable” à la date de publication du correctif, mais avec un score CVSS de 9,8/10 et un composant aussi central que GDI+, les experts recommandent de traiter cette mise à jour au même niveau d’urgence que le Zero-Day. Pour comprendre comment ces vulnérabilités s’insèrent dans une chaîne d’attaque plus large, consultez notre analyse des différents types de malwares qui exploitent ce genre de failles pour s’installer durablement.
4. Update Health Tools : quand l’outil de santé devient une menace
Point notable mais souvent ignoré : une vulnérabilité affecte les Outils de Santé de Mise à Jour Microsoft (KB4023057), déployés automatiquement via Windows Update, notamment dans les environnements gérés avec Microsoft Intune.
Le problème n’est pas uniquement dans le code, mais dans l’architecture :
- Une ancienne version du service (
uhssvc.exe) continuait de contacter des comptes de stockage Azure Blob abandonnés ; - Des chercheurs en sécurité ont pu reprendre le contrôle de ces comptes et observer un flux massif de requêtes provenant de postes Windows à travers le monde ;
- En contrôlant les fichiers JSON de configuration, un attaquant aurait pu forcer le service à exécuter du code arbitraire sur les machines concernées.
Microsoft a repris le contrôle de ces comptes en juillet 2025. Le vecteur d’attaque direct est donc fermé. Mais la question de fond demeure : connaissez-vous tous les outils qui ont le droit de se mettre à jour automatiquement et d’exécuter du code dans votre parc informatique ?
Points de contrôle avec votre équipe IT ou votre prestataire :
- Vérifier la version actuelle d’Update Health Tools sur l’ensemble des postes Windows ;
- Identifier la présence éventuelle de configurations héritées ou de scripts personnalisés autour de ces outils ;
- Définir une politique claire de contrôle des applications autorisées à exécuter du code à distance (signatures, listes blanches, AppLocker, etc.).
5. Priorités de remédiation pour les PME
Les 63 vulnérabilités publiées ce mois-ci ne méritent pas toutes le même niveau d’urgence. Mais quelques-unes doivent clairement passer en haut de la liste, surtout pour les PME qui n’ont pas d’équipe sécurité à temps plein.
| CVE | Composant | Type | Score CVSS | Priorité PME |
|---|---|---|---|---|
| CVE-2025-62215 | Noyau Windows | Élévation de privilèges | 7.8 | Niveau 1 – sous 72 h |
| CVE-2025-60724 | GDI+ (Windows, Office) | Exécution de code à distance | 9.8 | Niveau 1 – sous 72 h |
| CVE-2025-59512 | Windows CEIP | Élévation de privilèges | 7.0 | Niveau 2 – sous 7 jours |
| CVE-2025-62199 | Microsoft Office | Exécution de code à distance | 7.8 | Niveau 2 – sous 7 jours |
Note : Les liens CVE renvoient vers la National Vulnerability Database (NVD) où vous trouverez les détails techniques complets, les références Microsoft officielles et les vecteurs d’attaque détaillés.
Plan d’action pratique pour une PME :
- Phase 1 – Déployer en priorité sur les postes sensibles : direction, finance, RH, administrateurs système ;
- Phase 2 – Étendre le déploiement à tous les postes de travail, y compris les machines rarement allumées ou en télétravail ;
- Phase 3 – Vérifier les serveurs applicatifs exposés : Exchange, SharePoint, serveurs de fichiers, applications métiers accessibles depuis Internet ;
- Phase 4 – Auditer la sécurité globale. Notre article sur comment sécuriser son parc informatique en 90 jours propose une méthodologie progressive adaptée aux PME qui partent de zéro.
Ces étapes ne sont pas optionnelles. Dans un contexte où les cyberattaques se professionnalisent et où les attaquants automatisent leurs campagnes, chaque jour de retard sur un correctif critique augmente mécaniquement le risque.
6. Les bonnes questions à poser à votre équipe IT
Vous n’avez pas besoin de devenir expert Windows pour piloter efficacement ce sujet. En revanche, vous avez besoin de poser les bonnes questions à votre équipe interne ou à votre prestataire informatique. Voici un guide de conversation tout prêt :
- « Les correctifs liés aux CVE-2025-62215 et CVE-2025-60724 sont-ils déjà déployés ? Sur quel périmètre exactement ? »
- « Comment vérifiez-vous concrètement que les postes nomades et les télétravailleurs reçoivent bien les mises à jour ? »
- « Quels serveurs ou applications exposés sur Internet sont concernés par ces vulnérabilités ? »
- « Existe-t-il un tableau de bord ou un rapport de conformité des correctifs que je peux consulter régulièrement ? »
- « Qui est responsable, en interne ou en externe, de valider formellement que tout est à jour ? »
- « Si une faille Zero-Day est exploitée demain, quel est notre délai de réaction réaliste ? »
Si les réponses sont évasives, très techniques sans être actionnables, ou systématiquement repoussées à “plus tard”, c’est un signal fort sur la maturité de votre organisation face aux menaces. On ne parle plus seulement de mises à jour, mais de gouvernance du système d’information. Ce sujet relève directement de la responsabilité du dirigeant en matière de cybersécurité, un article dans lequel nous détaillons les obligations légales et les bonnes pratiques de pilotage.
Si vous constatez que personne dans votre organisation ne peut répondre précisément à ces questions, c’est peut-être le moment d’évaluer votre modèle de gestion informatique. Notre comparatif entre maintenance informatique classique et infogérance MSP explique les différences concrètes en matière de réactivité, de couverture et de responsabilité.
Faites du Patch Tuesday un simple rituel, pas une source de stress
Avec l’infogérance orientée cybersécurité MySerenity, Poweriti prend en charge la gestion proactive des mises à jour, la sécurité des postes de travail, la supervision continue et la formation des utilisateurs via la Power Academy. L’objectif : transformer vos Patch Tuesday en simple routine opérationnelle, pas en séance de crise collective.
7. Questions fréquentes sur le Patch Tuesday de novembre 2025
Qu’est-ce qu’un Zero-Day et pourquoi CVE-2025-62215 est-il si critique ?
Un Zero-Day désigne une vulnérabilité exploitée par des attaquants avant même que l’éditeur n’ait publié un correctif. CVE-2025-62215 est particulièrement critique car elle permet à un attaquant déjà présent sur un système, même avec des droits limités, d’obtenir les privilèges SYSTEM (contrôle total). Cette faille est activement exploitée dans la nature, ce qui signifie que des cybercriminels l’utilisent déjà pour compromettre des entreprises. Pour mieux comprendre ces concepts, consultez notre lexique cybersécurité qui définit tous les termes techniques en langage accessible.
Mon entreprise utilise Windows 10, suis-je concerné par ces vulnérabilités ?
Oui, absolument. Les vulnérabilités CVE-2025-62215 et CVE-2025-60724 affectent l’ensemble des versions de Windows encore supportées : Windows 10 (toutes éditions), Windows 11, ainsi que Windows Server 2019, 2022 et 2025. Si vos postes n’ont pas reçu les mises à jour de novembre 2025, ils restent vulnérables. Pour établir un diagnostic précis de votre parc, notre guide sur les coûts d’une infrastructure obsolète vous aidera à évaluer les risques réels.
Comment savoir si mes postes ont bien reçu les correctifs de novembre 2025 ?
Plusieurs méthodes existent selon votre configuration. Sur un poste Windows, allez dans Paramètres > Windows Update > Historique des mises à jour et cherchez les KB publiés le 11 novembre 2025 ou après. Si vous disposez d’un outil de gestion centralisée (WSUS, Intune, RMM), consultez les rapports de conformité. Si vous ne savez pas comment vérifier ou si vous n’avez aucun tableau de bord de suivi, c’est probablement le signe qu’il manque un pilotage structuré des mises à jour dans votre organisation.
Dois-je redémarrer les postes après l’installation des correctifs ?
Oui, dans la majorité des cas. Les correctifs liés au noyau Windows (comme CVE-2025-62215) nécessitent impérativement un redémarrage pour être actifs. Tant que la machine n’a pas redémarré, l’ancienne version du noyau reste en mémoire et la vulnérabilité demeure exploitable. Planifiez des redémarrages dans les 24 à 48 heures suivant l’installation, idéalement en dehors des heures de production. Cette contrainte fait partie des bonnes pratiques de gestion des mises à jour en PME.
Peut-on reporter l’installation de ces correctifs pour éviter les bugs ?
Reporter l’installation de correctifs critiques comme CVE-2025-62215 et CVE-2025-60724 est une stratégie risquée, surtout quand une faille est activement exploitée. Certes, il arrive que certaines mises à jour Microsoft provoquent des dysfonctionnements, mais le risque d’une cyberattaque exploitant ces failles non patchées est bien supérieur. La bonne approche : déployer rapidement sur un groupe de test (quelques postes), valider la stabilité sur 24-48 heures, puis généraliser. Si vous ne disposez pas de cette organisation, un prestataire d’infogérance spécialisé peut piloter ce processus pour vous.
Que faire si mes postes sont en télétravail et ne se connectent jamais au réseau d’entreprise ?
C’est un problème fréquent dans les organisations qui ont généralisé le télétravail sans adapter leur stratégie de gestion des postes. Plusieurs solutions existent : imposer une connexion VPN régulière pour forcer les mises à jour, déployer une solution de gestion cloud (Intune, autre RMM), ou configurer Windows Update pour qu’il récupère directement les correctifs depuis Microsoft sans passer par le réseau interne. Les postes nomades représentent souvent un angle mort en matière de sécurité, comme nous l’expliquons dans notre article surles risques des connexions WiFi publiques.
Mon antivirus suffit-il à me protéger sans installer les correctifs ?
Non, absolument pas. Un antivirus détecte les menaces connues (signatures, comportements suspects), mais il ne corrige pas les failles du système d’exploitation. CVE-2025-62215 et CVE-2025-60724 sont des vulnérabilités structurelles dans Windows : tant qu’elles ne sont pas patchées, elles restent exploitables, même avec un antivirus à jour. La sécurité informatique repose sur plusieurs couches complémentaires : correctifs système, antivirus, pare-feu, gestion des accès, formation des utilisateurs. Notre article sur antivirus versus approche de sécurité globale détaille cette approche multicouche indispensable aux PME.
Combien de temps ai-je pour installer ces correctifs avant qu’il ne soit trop tard ?
Dans l’idéal : 72 heures maximum pour les vulnérabilités critiques comme CVE-2025-62215 et CVE-2025-60724. Passé ce délai, vous entrez dans une zone de risque significative. Les cybercriminels automatisent de plus en plus leurs campagnes : une fois qu’un correctif est publié, ils scannent massivement Internet pour identifier les systèmes non patchés. Plus vous attendez, plus la probabilité d’être ciblé augmente. Si vous n’avez pas de processus établi pour gérer ces urgences, consultez notre méthodologie pour sécuriser un parc informatique en 90 jours.
Comment gérer les mises à jour si je n’ai pas d’équipe IT dans mon entreprise ?
C’est une situation fréquente dans les TPE et petites PME. Plusieurs options s’offrent à vous : externaliser complètement la gestion informatique auprès d’un MSP (Managed Service Provider) qui prendra en charge la surveillance, les mises à jour, la sécurité et le support utilisateurs ; faire appel ponctuellement à un prestataire pour auditer votre infrastructure et mettre en place des automatisations ; ou opter pour une solution hybride où vous conservez la gestion quotidienne tout en confiant la partie sécurité et conformité à un spécialiste. Notre comparatif détaillé entre maintenance informatique classique et infogérance MSP vous aidera à choisir le modèle adapté à votre taille et votre budget.
8. Sources et ressources techniques
Cette alerte s’appuie sur les analyses techniques et bulletins publiés en novembre 2025 par plusieurs acteurs de référence en cybersécurité :
- CrowdStrike – November 2025 Patch Tuesday: Updates and Analysis
- SOCRadar – Microsoft fixes 63 vulnerabilities, including Windows Kernel Zero-Day
- Help Net Security – Patch Tuesday: Windows kernel vulnerability (CVE-2025-62215)
- Wiz – CVE-2025-60724 impact & mitigation
- Cyber Security News – Microsoft’s Update Health Tools Vulnerability
- CVE-2025-62215 – Official CVE Record
- CVE-2025-60724 – National Vulnerability Database
- CVE-2025-59512 – National Vulnerability Database
Pour comprendre le contexte plus large de ces vulnérabilités et leur place dans l’écosystème des menaces actuelles, plusieurs ressources complémentaires sont disponibles. Notre lexique cybersécurité définit l’ensemble des termes techniques utilisés dans cette alerte (Zero-Day, élévation de privilèges, RCE, race condition) en langage accessible aux non-spécialistes.
Pour les PME qui souhaitent adopter une approche plus structurée de la sécurité, notre article sur les 10 gestes simples de sécurité informatique au bureau propose des actions concrètes et immédiates. Enfin, si vous découvrez que votre infrastructure n’a pas été mise à jour depuis longtemps, notre analyse des coûts réels d’une infrastructure informatique obsolète vous aidera à quantifier les risques encourus et à justifier les investissements nécessaires.
